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L’autisme et la psychanalyse

O

n a longtemps cru, à cause d'observations de Bruno Bettelheim, psychiatre, en 1947, dans les camps de concentration, sur une population soumise à des atrocités et qui opérait un vrai repli psychique, que l'Autisme était dû à des carences de soins, affectives, liées à un stress intense.

En se basant sur cette théorie, durant plusieurs décennies on a évoqué les mauvaises relations entre les enfants et leurs parents, en particulier les mères, comme étant responsables des troubles et comportements autistiques observés chez les enfants.

Cette théorie, qui a généré des souffrances incommensurables au sein des familles, et une culpabilité étouffante pour les mères incriminées, a fait long feu ! Dès 1970, Bettelheim lui même revint sur ses affirmations, et aux États-Unis ainsi que dans d'autres pays d'Europe, les recherches sur l'Autisme prirent un autre tour que le « tout psychanalytique » qui continue malheureusement de perdurer dans l'esprit du grand public, en particulier en France.

L'idée qu'un enfant autiste ou Asperger soit un « enfant normal enfermé dans une prison psychologique dont il suffit de trouver la clé pour l'en faire sortir » est une hérésie qui frise la stupidité. On sait grâce aux progrès en neurologie, grâce à l'imagerie médicale et au développement de la génétique, certes relativement récent, que le cerveau des enfants autistes a un fonctionnement différent, que le traitement des informations se fait selon des circuits dont les « câblages » peuvent être visualisés, notamment dans l'hémisphère droit, siège des émotions et des « relations sociales ».

Un enfant autiste naît autiste, il grandit avec plus ou moins de bonheur, selon l'approche éducative que l'on aura, selon la prise en charge de ses spécificités, selon l'amour dont il sera entouré. Mais il sera toujours autiste. Et que ce qu'on peut lui apporter, c'est de faire l'effort de comprendre son mode de fonctionnement, tout comme on apprendrait la langue la culture et les coutumes d'un ami pour qui on aurait du respect, et de se faire son interprète pour lui rendre le monde moins rude…

Ce n'est pas la « faute des parents » si leur enfant naît avec cette différence, ce n'est la faute de personne. Mais c'est la nôtre à nous tous, si nous continuons de porter un regard entaché de préjugés et d'ignorance sur les difficultés auxquelles les personnes autistes sont confrontées pour trouver leur place, avec respect, dans ce monde.




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